Pouvoirs en exercice: configuration et représentations

Responsable : Daniel Schönpflug


L’expérience des régimes autoritaires, et en particulier du nazisme, constitue un moment fondateur pour la cristallisation de l’ordre politique européen. Le travail scientifique et politique sur ce moment clé de l’histoire représente en ce sens un enjeu académique et public déterminant. Après la chute du mur de Berlin, la division du continent sur laquelle avait débouché le second conflit mondial a pris fin et la démocratie représentative s’est rapidement imposée sans rivale sur tout le continent. Et pourtant, paradoxalement, cette situation, loin de déboucher sur la « fin de l’histoire » prédite par certains épigones, semble conduire à des interrogations renouvelées sur l’ordre politique existant.


L’interrogation porte en particulier sur le niveau étatique qui n’est plus considéré comme le seul régulateur de la vie politique et que les analyses réinscrivent dans des dynamiques de niveau supranational. Tandis que s’institue un espace public à une échelle européenne et mondiale, les acteurs politiques, les institutions et les réseaux transnationaux prennent une place croissante dans la définition des politiques suscitant un intérêt renouvelé pour la circulation transfrontalière des expert et des savoir et pour leurs effets sur le gouvernement des Etats.


De nouveaux questionnements portent aussi sur la communication politique qui occupe une place croissante, et invite à interroger ses fondements, notamment en procédant à des retours historiques sur le passé. Sont en tout cas remises en question les conceptions du politique qui reposeraient exclusivement sur une approche en termes d’intérêt ou d’échange rationnel, l’accent devant également être mis sur le rôle de la circulation des mots, des images et des sons ainsi que des émotions dans l’espace public.


Cet axe de recherche entend poser cette question du politique en multipliant les angles d’éclairages et les objets étudiés. Tous les groupes qui le composent sont structurés de façon interdisciplinaire. Leur originalité repose également sur d’autres dimensions : croiser des approches françaises et allemandes, bien sûr, mais aussi articuler histoire par en haut et histoire par en bas ; prendre au sérieux les politiques publiques et le système politique institutionnel mais sans limiter le politique à ces espaces ; interroger la façon dont l’espace public est mis en jeu ou, au contraire, écarté, dans les décisions politiques fondamentales ; questionner les logiques de communication qui s’y déploient ; et porter toujours l’attention sur la façon dont la construction sociale et historique des catégories ont un effet performatif sur la réalité sociale.

Voir les différents groupes de travail :

INDIVIDU, SOCIÉTÉ ET CULTURE À L'ÉPOQUE NATIONALE-SOCIALISTE

L’EUROPE COMME ESPACE DE COMMUNICATION : MEDIAS, ESPACES PUBLICS ET ÉMOTIONS

ACTION PUBLIQUE ET CIRCULATION DES SAVOIRS